Gratiferia

De Wiki-AED
Aller à : navigation, rechercher

Organisées irrégulièrement, les Gratiferia sont des marchés aux puces entièrement gratuits. Chacun.e amène ce dont elle/il n'a plus besoin (ou n'amène rien!) et repart avec ce qu'elle/il aurait besoin (ou ne repart sans rien!). Ce système d'échange tend à revaloriser des objets traînants dans nos placards et éviter des achats inutiles. En ralentissant notre consommation, nous luttons aussi contre le gaspillage.

Que sont les Gratiferia?

« Gratiferia » est un néologisme espagnol qui signifie littéralement « foire gratuite ». Il pourrait être traduit en français par « gratifoire », mais les francophones utilisent généralement le terme espagnol, plus élégant, ou la traduction française la plus répandue : marché gratuit. Le concept de marché gratuit nous vient d’Amérique Latine, et plus précisément de Buenos Aires. L’idée, initiée dès 2010 par Ariel Bosio, a rencontré un succès grandissant, d’abord localement, puis à l’étranger. Déjà fort populaire dans certains milieux alternatifs, la gratuité n’est certes pas une idée nouvelle. Cependant, la multiplication d’initiatives comme les gratiferias témoigne d’un intérêt croissant de la part de la population.

Pourquoi la gratuité ?

Les initiatives en faveur de la gratuité se multiplient. Elles vont à l’encontre de l’idée dominante selon laquelle tout service doit être payant. En outre, elles ouvrent d’autres horizons que les rapports marchands. Sans aller jusqu’à dire que ces systèmes alternatifs de circulation des biens remplaceront l’économie de marché, nous affirmons qu’ils accompagneront peut-être un changement progressif de notre rapport à la consommation. Dans une gratiferia, des objets que l’on croyait bons pour la poubelle retrouvent parfois une seconde jeunesse. Par ailleurs, il s’agit d’un des très rares endroits où l’on n’est pas limité par le contenu de son porte-monnaie. De plus, des liens nouveaux se créent ; on échange avec des passant.e.s ou des participant.e.s dans la joie et la convivialité.

Si tout était gratuit, si plus rien n’avait de valeur matérielle, qu’est-ce que vous garderiez chez nous ? Qu’est-ce qui aurait de la valeur à vos yeux ? Quels sont les objets qui apportent une valeur supplémentaire à votre vie, qui la rendent plus facile ? Qui vous sont vraiment utiles ?

Donner une seconde vie aux objets

Aujourd’hui, la plupart des biens présents sur le marché sont constitués de matériaux non recyclables, fabriqués à l’autre bout de la planète et amenés en Suisse via des modes de transports qui fonctionnent aux énergies fossiles. À cela s’ajoute une baisse de qualité et l’obsolescence programmée. Si la population n’a que peu d’impact sur le lieu de production et le mode de transport des biens, nous pouvons en tout cas faire en sorte que toute cette énergie soit compensée par un usage continu de ces objets (tant qu’ils sont en bon état). Les objets de seconde main offrent une alternative écologique et économique aux personnes qui n’ont pas les moyens et/ou ne peuvent/souhaitent pas investir dans des biens locaux et/ou de bonne qualité.

Comment participer ?

Organiser une gratiferia n’est guère compliqué. Il suffit de définir un lieu (public de préférence), une date, et d’annoncer l’événement un peu à l’avance. On incite alors les gens à venir déposer des objets dont ils n’ont plus l’utilité et qu’ils acceptent de donner, sans attendre quoique ce soit en retour. Ceux qui le souhaitent peuvent ensuite se servir gratuitement, qu’ils aient ou non quelque chose à offrir, cela n’a pas d’importance. Il ne s’agit donc pas de troc, puisqu’il n’y a pas forcément de réciprocité. Notons également qu’une gratiferia ne se limite pas forcément aux objets. Des biens immatériels peuvent également être proposés : performances artistiques, musicales, échanges de compétences, etc.

Mais malgré le caractère souvent spontané d’une gratiferia, il n’est pas inutile de spécifier quelques règles de base pour garantir son bon fonctionnement. Ainsi, les objets apportés doivent par exemple être en bon état. Et bien que tout soit gratuit, il n’est pas permis de tout s’approprier pour aller le revendre plus loin (cela va de soi !). On s’en remet alors à la bonne foi des participant.e.s.

Organisation

La charge de travail n'est pas trop conséquente, mais il est mieux de ne pas organiser une gratiferia tout.e seul.e. Deux ou trois personnes peuvent facilement se répartir les tâches.

1 mois - 3 semaines avant

  • Choisir une date : de préférence un samedi. Une gratiferia ne s'adresse pas uniquement aux étudiant.e.s, mais à toutes les franges de la population. Consultez le calendrier des événements de la ville, ne planifiez pas la gratiferia en même temps qu'un grand événement (Fête des Vendanges, etc.). Pensez aussi au temps qu'il pourrait faire (trop froid, trop chaud ?).
  • Choisir l'heure : Avant 10h-11h du matin, il y a peu de monde en ville. La nuit tombe tôt en hiver (vers 17h). Au cas où personne ne puisse venir vous aider le jour J, pensez que vous devez pouvoir assurer le bon déroulement de la gratiferia seul.e.s sans être trop fatigué.e.s !
  • Choisir un lieu : de préférence au centre-ville. La place de la fontaine de la Justice (près de la Migros) a l'avantage d'être centrale et assez large en cas de forte affluence.
  • Envoyer une demande d'autorisation à la Ville : vous recevrez l'autorisation dans le délai d'une semaine par la poste (si tout va bien). http://www.securite-urbaine-ne.ch/index.php?id=4121
  • Contacter d'autres associations : si l'on veut collaborer avec d'autres associations (l'AMAR peut fournir un stock pour la gratiferia, etc.), prendre contact.

2 semaines avant

  • Faire un framadate : pour voir qui serait intéressé pour aider/animer l'événement. Incitez également les membres de l'AED/vos proches à apporter les objets dont ils n'ont plus besoin.
  • Créer un événement Facebook : via la page Facebook "Gratiferia Neuchâtel". Demander le mot de passe de la page pour devenir administrateur.
  • Réserver une Mobility : de la catégorie "Transport". Les Mobilitys partent vite les samedis (les catégories spéciales comme Transport encore plus). Réservez à l'avance.
  • Créer des flyers
  • Distribuer les flyers dans les commerces de la ville : pensez aux magasins bios/écolos, où les client.e.s sont plus susceptibles d'être intéressé.e.s par ce genre d'événement.
  • Envoyer un message aux newsletters de l'uni : pour pouvoir apparaître dans les Newsletters de la FEN et officielle de l'université.
  • Envoyer un message au SITEL : pour pouvoir faire apparaître l'événement sur les écrans de l'université.

1 semaine avant

  • Distribuer les flyers à l'uni : il disparaissent très rapidement (jetés par les concierges ?), les donner trop en avance n'est pas utile.

1-2 jours avant

  • Prendre la carte Mobility
  • Faire les achats nécessaires : si vin chaud/thé, etc.
  • Faire une récup : de pain la veille, de fruits/légumes le samedi.
  • Prendre la documentation disponible au local : pétitions, initiatives populaires, flyers d'autres associations, documentation sur le développement durable.
  • Prendre la caisse : pour les dons et prix libres.
  • Mettre tout ce matériel dans l'atelier vélo ou chez-soi : l'université est fermée le samedi.

Jour J

  • 2 heures avant : aller chercher la mobility, prendre des tables/couvertures et éventuellement le stock de départ. Ne pas oublier les caisses pour les récup' et la vaisselle si des boissons/de la nourriture sont prévues.
  • Préparer les tables : trier les objets entre les vêtements, les livres, les jouets, etc.
  • Parler aux passant.e.s et répondre à leurs questions. Certain.e.s n'osent pas se servir : encouragez-les !
  • Accueillir les donateurs et répartir leurs dons sur les tables.